Evidemment je savais déjà où j’allai concentrer ma recherche
de futurs monstres pour le groupe, n’oubliez pas qu’à l’époque j’étais au lycée
Classique d’Abidjan et dans ce lycée des rappeurs il y’en avait assez, il y en
avait même trop. La tâche ne serait pas facile, il y’avait environ 60 à 70
classes et dans chaque classe on pouvait trouver en moyenne 2 rappeurs, ce qui
nous ramène à environ 120 à 140 candidats potentiels…
Impossible pour moi d’aller vers autant de personnes pour
analyser leurs capacités, il fallait que je change de technique, j’allai passer
à l’observation, regarder autour de moi les rappeurs dans leur élément naturel,
chaque fois qu’ils se lançaient en Freestyle. J’avais l’occasion de jauger leur
techniques, ils étaient tous très forts mais je ne trouvaient personne qui
avait ce petit plus, cette étincelle qui change le rappeur ordinaire en futur
légende. Avoir une bonne technique en rap c’est bien mais ce n’était pas
suffisant pour atteindre l’objectif que je m’étais fixé. Avoir simplement de
bon rappeur dans le groupe n’allait nous différentier en rien des autres
groupes. Je n’avais pas besoins de futurs étoiles, des étoiles il y’en avait
déjà assez. Moi j’avais besoins de futurs Soleils, des soleils on en trouve qu’un par galaxie,
et leurs lumières dépassent de loin celles de toutes les autres étoiles, après
tout elles apportent le jour et quand elles passent dans la nuit elles créent
des éclipses. Je voulais ressentir cette lumière en eux chaque fois qu’ils
rappaient mais ce n’était pas le cas…
Pendant ce temps, hors de mon lycée dans le quartier où
j’habitais à l’époque Angré Vision 2000, j’avais un ami qui entretenait le même
rêve que moi, on avait pratiquement commencé à rapper à la même époque. Il
était bon et pratiquait un style de rap différent de ce que j’avais l’habitude
d’entendre il se faisait appeler Sidizi le boy du rap. Je lui aurai bien
proposé d’être dans mon groupe mais il appartenait déjà à un groupe, et il
n’était pas question pour moi d’intégrer son groupe, car il fallait que je crée
mon propre groupe, il fallait que chaque membre soit minutieusement choisi pour
conduire le groupe vers une gloire sans précédent.
Je n’ai pas arrêté mes recherches, car j’y croyais
énormément, pour moi la génération à laquelle j’appartenais était la meilleure
génération rap que la Côte d’Ivoire à eu durant toute son existence, pour moi
c’est la génération des prodiges. J’avais la conviction que dans cette
génération je pourrais trouver mes monstres. Plus question de chercher parmi
les talents qui s’affichaient d’eux même, je devais dénicher les talents
cachés, ces soleils qui s’apprêtaient à surgir du noir. Et dans mon entourage
proche, à l’intérieur même de ma classe, j’avais remarqué depuis un moment déjà
deux monstres très intéressants. Ils avaient les capacités d’être des soleils
mais ne le savaient pas encore. L’un d’eux avait en lui
la lumière d’un soleil dévastateur et l’autre avait une lumière plus
mystérieuse, un soleil très étrange…
BLACKY BAD BOY
BLACK TIGER

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